Né en 1961 à Vincennes, près de Paris. Jérôme Schlomoff se forme comme photographe illustrateur auprès de Henry Coste (1981-1982). Sa première exposition personnelle a lieu en 1989. Il vit et travaille à Paris.
Depuis 1984, Jérôme Schlomoff réalise des portraits d'artistes et d'acteurs du monde de l'art (conservateurs, galeristes, critiques d'art). Ses images sont toujours en noir et blanc, en général sur fond blanc, sans aucun décor ni accessoire. Il prend ses sujets de face (portrait ou buste), tient compte de la position de leurs mains, les saisit sur le vif. Des artistes du monde entier, de Mario Merz à Jean-Michel Basquiat, de Gilbert and George à Daniel Buren ; des architectes, comme Jean Nouvel ; des musiciens comme Pascal Dusapin ; des critiques d'art ou conservateurs comme Germano Celant ou Jean-Louis Froment, sont les modèles dont ses tirages font ressortir les forces mais aussi les fragilités et vérités. Il fixe également la trace de personnages plus anonymes, et en particulier, avec l'écrivain François Bon, recueille les témoignages et les images de vingt-six sans-abris rencontrés à Nancy (La Douceur dans l'abîme, 1998-2000, livre, diaporama et film long métrage). Depuis 1991, il conçoit en parallèlle des portraits d'architectures à la camera obscura. Le Pavillon Mies Van der Rohe à Barcelone, le Jeu de Paume et l'Orangerie à Paris, le cabanon du Corbusier à Roquebrune Cap-Martin, la maison de Jean Prouvé à Nancy sont obscurcis par du polyane noir et deviennent chambres obscures, faisant office de sténopé. Il observe et fixe le paysage qui les entoure, tel qu'il a été conçu par l'architecte et crée des empreintes intemporelles des lieux, en noir et blanc. Depuis la fin des années quatre-vingt-dix, il réalise des films sténopé (La Palombière ; Fragiles effondrements ; Camera dei sogni ; Babil-Babel).
« La photographie est une architecture. »
Jérôme SCHLOMOFF, l’œil dans son plus simple appareil — texte de Marie Simon.